Guide d'achat : comment décrypter une jaquette DVD
Une vérité s'impose à tous les amateurs de DVD : la qualité de l'image et du son varie considérablement d'une édition à l'autre, si bien qu'on a parfois du mal à cacher sa déception, voir sa colère devant un film nativement en 16/9 qui se retrouve en 4/3 parce que l'éditeur a fait un travail de sagouin ! Pourtant il est parfois possible d'éviter ce type de déconvenue. Que celui qui ne s'est pas retrouvé à visionner un grand film avec une qualité pitoyable, faute d'avoir lu correctement la jaquette, me jette la première pierre : ce petit guide n'est pas pour lui. Alors certes, les informations contenues dans la jaquette ne vous prémuniront pas contre un film mal encodé, à l'image et aux couleurs baveuses ou au son nasillard mais vous éviteront certains pièges liés au format de l'image, aux pistes sonores, au zonage ou au manque de sous-titres.
Les termes liés à l'image
Déterminé au moment du tournage du film par le réalisateur, le format d'image n'a pas grande influence sur l'exploitation en salles mais lorsqu'il s'agit de l'exploitation DVD, c'est une toute autre histoire : il faut alors adapter l'image initiale au format des téléviseurs, par définition figé. On trouve deux types de format d'écran de télévision sur le marché : le 4/3 et le 16/9. Le 4/3 a fait les beaux jours du tube cathodique mais se trouve aujourd'hui en sérieuse perte de vitesse, remplacé par le 16/9, plus respectueux du format cinéma. Pourtant le 4/3 perdure, notamment pour les programmes télévisés (même si ceux-ci à leur tour tendent à adopter le 16/9). La démocratisation des écrans 16/9, liée au remplacement des écrans cathodiques par les écrans LCD, favorise aujourd'hui un rendu de type cinéma.
Dans les premiers temps du DVD, il n'était pas rare qu'un film originellement tourné en 2.35 soit rogné pour « rentrer » dans les dimensions du 16/9. Il en résultait des recadrages barbares qui indisposaient autant les cinéphiles que les réalisateurs, qui voyaient leur travail dénaturé.
Différents types de format apparaissent sur nos jaquettes arrière :
1.33 |
Il s'agit du mode natif 4/3 (4 : 3 = 1.333333…), couramment utilisé par les programmes télévisés et pour les grands classiques du cinéma, comme l'Oscar 1942 du meilleur film, Casablanca. Sur un écran 16/9, l'affichage d'une image 4/3 se traduira par l'ajout de bandes noires à droite et à gauche de l'image. Dans certains cas, le réglage de votre téléviseur peut « forcer » l'affichage en 16/9 mais cela se traduit généralement par une image étirée, peu respectueuse du format original. Si cela est le cas sur votre écran, pas de panique : il suffit de sélectionner le mode 4/3 du téléviseur pour retrouver Bogart avec une tête normale !
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1.77 |
Parfois aussi nommé 1.78, il s'agit du mode natif 16/9 (16 : 9 = 1,7777777…). Les films à ce format sont assez rares mais pas exceptionnels comme par exemple Platoon. Avec ce format, les écrans 16/9 seront à la fête alors que les 4/3 verront deux bandes noires se rajouter en haut et en bas de l'image.
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1.85 |
C'est le format le plus courant, utilisé massivement par l'industrie du cinéma. Assez proche du ratio natif du 16/9, il se solde soit par une légère anamorphose (c'est-à-dire une déformation de l'image au moment de sa projection), soit par de fines bandes noires en haut et en bas de l'image mais qui sont généralement quasi invisibles. Sur un écran 4/3, deux épaisses bandes-noires viendront compléter l'image.
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2.35 |
En réalité, le format aurait plutôt un ratio de 2.39. C'est le format large le plus utilisé par l'industrie cinématographique (bien qu'il ne soit pas le plus large existant). D'un ratio bien supérieur à celui obtenu nativement sur un écran 16/9, il se caractérise invariablement par l'ajout de bandes noires épaisses en haut et en bas de l'image. Sur un écran 4/3, l'image peut sembler noyée dans un océan de noir (la partie noire de l'écran étant presque aussi importante que l'image elle-même !) et paraitre minuscule. Sur 4/3 ou même 16/9, il est possible de plus ou moins pallier ce souci en utilisant les modes zoom de votre téléviseur et/ou de votre lecteur DVD, mais au prix d'une perte importante puisque vous ferez de facto disparaitre une partie de l'image !
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Quelques exemples de rendu sur des téléviseurs 16/9 et 4/3 illustrant le phénomène de bandes-noires.
D'autres formats, plus ou moins exotiques, existent ou ont existé :
1.37 : Destiné à remplacer le 1.33 à l'apparition du cinéma parlant, c'est dans ce format que
Citizen Kane ou
Autant en emporte le vent ont été tourné. L'échec de celui-ci en tant que standard est du à l'arrivée de la télévision dans les années 50 qui, ayant choisi le 1.33 comme format privilégié, a condamné ce format-là à l'oubli.
2.65 : Trop coûteux pour être réellement exploitable, ce format est mort-né dans les années 50.
2.76 : Le plus grand format jamais utilisé pour réaliser des films ! En raison de limitation technique due au format de pellicule (et la présence de perforation pour faire défiler celle-ci), le format large était obtenu par anamorphose. Peu de longs-métrages l'ont utilisé mais on retiendra par exemple,
Les révoltés du Bounty ou
La chute de l'Empire Romain.
2.55 : Le fameux CinemaScope ! Utilisant également l'anamorphose, ce procédé a fait les beaux jours des grands films des années 50 dont
Une étoile est née ou
20 000 lieues sous les mers.
2.20 : Connu aussi sous le nom de SuperPanavision, ce format est en fait un recadrage d'un format 2.35 en 2.20. Des films comme
Lawrence d'Arabie ou
My fair lady sont à ce format.
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